L’histoire récente apporte un paradoxe profondément inconfortable dans les relations internationales : certaines décisions (avec parfois une certaine logique et des risques avérés), prises par un nombre très limité d’acteurs (parfois un seul État… suivez mon regard) produisent des conséquences systémiques à l’échelle mondiale, sans qu’aucun mécanisme clair de responsabilité ou de compensation.
Les guerres actuelles constituent des cas emblématiques. Sans mandat explicite du Conseil de sécurité des Nations unies, contestée par de nombreux États, elles sont néanmoins menées, parfois au nom de principes stratégiques et sécuritaires avancés ou bien d’autres pour des histoires réinventées pour envahir le voisin.
Une question demeure entière : qui assume les coûts à long terme de telles décisions ?
Ces coûts ne sont pas uniquement militaires ou géopolitiques. Ils sont multiples, mortels, diffus et souvent invisibles dans leur globalité :
- Coûts humains : instabilité chronique, déplacements de populations, radicalisation.
- Coûts économiques : hausse durable des prix de l’énergie, inflation importée, perturbations des chaînes d’approvisionnement.
- Coûts patrimoniaux : destruction de sites historiques, perte irréversible d’héritage culturel, par exemple, au Moyen-Orient
- Coûts politiques : fragilisation des équilibres régionaux, montée des tensions internationales.
- Coûts indirects mondiaux : impact sur le pouvoir d’achat en Europe, en Asie, en Afrique ; insécurité énergétique ; instabilité financière.
- Coût environnemental
- Etc…
Ce qui pose un problème fondamental : décisions nationales ou unilatérales, aux conséquences globales. Or, le droit international actuel est « éteint » ou peu équipé pour traiter ce type de situation.
Il existe des mécanismes de réparation en cas de conflit entre États, mais peu de clarté pour les “externalités globales” d’une intervention militaire contestée.
Cela crée un déséquilibre structurel :
Les grandes puissances disposent d’une capacité d’action unilatérale.
Les autres nations (et surtout les populations) subissent les conséquences sans avoir été consultées.
D’où une question légitime, mais rarement posée publiquement :
- Peut-on imaginer un principe de responsabilité globale des puissances décisionnaires et des compensations ?
- Les citoyens du monde peuvent-ils exiger une transparence et une « redevabilité » ?
Il ne s’agit pas ici de discuter les intentions initiales, ni de simplifier des contextes complexes comme l’Iran ou l’Ukraine.
En fait, dans un monde interdépendant, aucune décision majeure ne devrait être sans responsabilité globale. Or les gouvernements hésitent à porter cette question, divergent pour des raisons diplomatiques, stratégiques ou de rapport de force… alors peut-être que l’impulsion doit venir autrement via les citoyens. Chimère ou réalité…. je n’en sais rien mais ça m’interroge beaucoup!




