L’impact de ma voiture électrique! Elle m’a menée partout, et bien plus, naviguant entre « systémie » et transparence!

Lecture – 10 à 12 minutes

Au départ, cette histoire devait simplement parler d’une voiture électrique.

Et puis finalement, comme souvent lorsqu’on commence à réfléchir sérieusement aux choses, on se rend compte qu’une voiture n’est jamais seulement une voiture. Elle parle d’énergie, de géopolitique, de société, de culture, de comportements humains, de nos contradictions collectives et même parfois… de notre rapport au temps, au confort et au sens de la vie.

Lorsque j’ai acheté ma Tesla fin 2022 (made in Berlin – Model X – environ 500 km d’autonomie selon les critères en vigueur), en réalité, sur autoroute, c’est plutôt 340 à 380 km en moyenne avant de recharger, selon la météo, la charge du véhicule, l’utilisation de la climatisation, etc. En ville et pour des déplacements quotidiens dans un rayon de 50 à 100 km, on est plutôt proche de 400 km. Je ne cherchais pas à sauver la planète ni à rejoindre une “religion technologique californienne”.

Je voulais surtout expérimenter concrètement autre chose, être moins dépendant des énergies fossiles, moins d’émissions ‘CO2’, m’engager et mesurer encore davantage ma propre transition écologique et sociale, nécessaire et profondément alignée avec ce qui m’anime. Je vous raconterai d’ailleurs dans un autre article ma transformation “durable” et les impacts très positifs que j’en ai tirés.

Je souhaitais aussi mettre fin aux slogans, aux débats de bistrot, aux “on m’a dit que”, aux discussions Facebook écrites entre deux bouchées de fast-food et trois vidéos TikTok sur “la vérité cachée des batteries”.
Trois ans et demi plus tard, environ 75 000 kilomètres parcourus lors de mes passages en France… j’exclus ici les ‘miles’ effectuées aux USA dans une belle voiture Allemande fabriquée entre Bratislava (carrosserie/pré-assemblage) et Leipzig mais pas encore électrique lorsque j’en ai fait l’acquisition en 2019…. Donc je ne vous parle que des déplacement depuis la France, avec cette Tesla, en Espagne, en Italie, entre Aix-en-Provence, Lyon, Genève, Paris, La Rochelle, Bordeaux, Brest, Orléans ou Montpellier… l’expérience devient intéressante à observer avec un peu de recul.

 

Premier constat : contrairement à beaucoup de fantasmes, cette voiture ne m’a pas ruiné.
Au contraire.

 

Environ 8 000 euros économisés en essence par rapport à une voiture équivalente à “moteur à explosion”. Et surtout… une seule visite au garage en plus de trois ans.
Oui, une seule. Et donc une seule facture d’entretien en 3 ans.

 

Je sais. Certains moteurs thermiques viennent probablement de ressentir un grand moment de solitude mécanique.
Cette fameuse (et unique) facture “terrible” comprenait une inspection générale, les filtres, les essuie-glaces, deux pneus arrière (Pirelli – Made in Torino, Italy), le changement gratuit du spoiler légèrement abîmé et sous garantie, ainsi qu’une carte-clé supplémentaire, pour environ 1006 euros HT, dont 644 euros pour les deux pneus.
Et les pneus avant ? Toujours en bon état après 75 000 kilomètres.

 

Ce qui est assez amusant lorsqu’on entend régulièrement que “les voitures électriques « détruisent » rapidement les pneus avec leur accélération et forte motricité, bla bla bla”. Internet reste décidément un endroit fascinant où des gens qui n’ont jamais conduit une voiture électrique expliquent avec certitude à ceux qui en utilisent une quotidiennement, depuis des années, comment cela fonctionne réellement.
Mais la partie la plus intéressante n’est finalement ni économique ni technologique.

 

La voiture électrique agit un peu comme un coach silencieux de sobriété intelligente. Elle vous réapprend des notions “extraordinairement révolutionnaires” par les temps qui courent : ralentir, anticiper, observer, faire des pauses, et accepter que rouler à 180 km/h sur Terre n’est peut-être pas l’aboutissement ultime de la civilisation humaine. Très vite, vous découvrez une “loi physique bouleversante” : plus vous roulez vite… Plus vous consommez. J’ai bien conscience que cette information peut perturber certaines logiques… Cette découverte est brutale. Elle pourrait presque changer le monde…!
Alors progressivement, une fois cette réalité intégrée (ou plutôt digérée), vous changez votre manière de conduire. Vous devenez plus relax, sans tension, plus calme, plus attentif.

 

Tous les 250 à 350 kilomètres, vous vous arrêtez quinze à vingt minutes, parfois trente, pour recharger lors des longs trajets. L’idéal n’étant d’ailleurs pas de recharger à 100 % à chaque arrêt, mais simplement à environ 80 % (conseillé par le producteur de l’engin), afin de repartir rapidement pour les 250 ou 300 kilomètres suivants.
Et cela va vite.
Chaque arrêt de vingt minutes suffit généralement. La recharge entre 80 % et 100 % est plus lente et prend plus de temps… et souvent inutile. Pour le reste (soit plus de 70 à 80 % des automobilistes) il s’agit surtout d’une utilisation quotidienne de proximité, avec la possibilité de recharger chez soi, comme je le fais, notamment grâce à l’électricité produite par mes panneaux solaires à environ 0,11 €/kWh. Je n’ai d’ailleurs même pas intégré ces gains supplémentaires dans mon estimation des 8 000 euros économisés.
Et là arrive immédiatement le drame national annoncé lorsqu’il faut recharger sa voiture en déplacement, surtout pour les longs trajets :
“Moi, je ne pourrais jamais attendre 20 minutes. Quelle perte de temps! Et c’est compliqué de se connecter à la borne de recharge”
Pourtant, pendant ces vingt minutes, il se passe généralement quelque chose d’extraordinaire : vous vivez. Notamment lors des départs en vacances où vous ne courrez pas après la montre ! Tranquille en famille !
Vous prenez un café. Vous marchez un peu. Vous répondez à quelques mails (notamment pour professionnels en déplacement). Vous passez quelques appels sans risquer de perdre trois points sur votre permis. Vous regardez les enfants courir partout. Vous observez vaguement un couple se disputer chez Starbucks. Puis vous repartez.
Et chose incroyable : vous arrivez moins fatigué.

 

Moins de stress. Moins d’agressivité. Moins de mal de dos. Moins d’amendes aussi, ce qui est finalement une manière élégante de moins contribuer au financement du déficit public français. Sujet délicat, évidemment. Car pendant que certains expliquent chaque soir à la télévision comment “sauver la planète”, “sauver le pouvoir d’achat”, “sauver la démocratie” et probablement bientôt “sauver l’univers”, nous continuons collectivement à vivre dans une étrange schizophrénie moderne.

 

Nous voulons toujours plus de droits, toujours plus de confort, toujours plus de vacances, toujours plus de jours fériés (même ceux liés à notre culture et longue histoire catholique comme Pâques, la Pentecôte, l’Assomption ou Noël) alors même que beaucoup ne mettent plus les pieds dans une église et ne croient pas en grand-chose en dehors de leur propre “nombril égoïste” en attendant le prochain jour férié…
Au lieu du fameux travailler + pour gagner plus… On est passé au « travailler pour gagner moins »… Ce qui est assez logique finalement et il faudrait clairement augmenter les salaires mais les conditions restent qu’il faut aligner les augmentations à la création de valeur, et ce « gros mot » nommé la compétitivité…. L’équilibre n’est pas simple surtout avec des prélèvements d’impôts et taxes au sommet de la pyramide mondiale… Pendant ce temps-là, le PIB de la France est à la peine et on ne sait plus comment payer les retraites, ni comment ‘voter’ le « travailler plus et surtout plus longtemps »… Sans compter (comme d’habitude…!) que nous ne savons toujours pas comment on paiera les retraites à ceux qui les paient maintenant avec un certain nombre déjà en mode « je travaille moins, je savoure la vie (sans une pièce en poche) ni objectif ni grande contribution à la nation…tant que le « tout quasi gratis » marche… Profitons-en même si ça ne va pas durer dans le monde réel !

 

Nous voulons toujours plus de services publics, toujours plus de consommation, toujours plus d’aides… mais sans jamais parler assez sérieusement de création de valeur, d’effort, de responsabilité ou de production réelle.

 

Nous pleurons sur le pouvoir d’achat tout en commandant des vêtements à trois euros sur nos outils digitaux bien onéreux… Pour des T-shirt fabriqués à l’autre bout du monde, pendant que d’autres organisent des manifestations (qui empêchent le « monde de tourner » et dérangent la grande majorité qui bosse) contre ces mêmes pratiques. Nous dénonçons les multinationales (qui pourtant sont des piliers de nos équilibres économiques et sociaux) depuis nos smartphones dernière génération, sans toujours réaliser que cette vie numérique permanente possède elle aussi un coût énergétique, économique et social considérable… Sans parler de la santé, la fragilité de notre cou fatigué tout comme nos yeux, le manque de temps pour le sport (et souvent l’obésité grandissante) générant deux addictions majeures : les réseaux et la perte de réflexion puis « la malbouffe »/sucre (entre autre!).

 

Nous parlons d’écologie entre deux livraisons (Uber East) de fast-food (ou produits très transformés) qui passeront vite fait au micro-onde avant de mettre les petits enfants au lit vers 22 ou 23 heures (tard !!!… il y a école demain !).

 

Une fois tranquille, nous nous effondrons dans le canapé pour écouter des journalistes “experts” qui n’ont parfois jamais observé directement les impacts du changement climatique ni en Alaska, ni dans le Pacifique, ni au Sri-Lanka mais, non plus, ni à côté de chez nous sur les côtes françaises et dans nos massifs montagneux, ni même dans nos réserves d’eau.

 

Nous voulons protéger la planète mais refusons de ralentir de dix kilomètres heure sur autoroute. Nous parlons de sobriété en regardant (encore une fois, la télé ou smartphone) des émissions sur des mariages géants, des familles hyperconsommatrices, des jeux à l’autre bout du monde qui font rayonner la superficialité, des influenceurs sous perfusion de dopamine numérique et des chaînes d’information continue où chacun donne son avis sur tout sans jamais (ou rarement) vraiment approfondir quoi que ce soit… et encore moins proposer des solutions concrètes de la part de leurs invités en plateau.

 

Et au milieu de tout cela, la voiture électrique devient un formidable révélateur de nos incohérences collectives. Car évidemment, arrive toujours LE sujet : les batteries, les terres rares, la Chine.

 

Et soudainement, des millions de citoyens qui n’ont pas encore ouvert un atlas géopolitique deviennent experts mondiaux des minerais stratégiques. Alors oui, bien sûr : oui, fabriquer des batteries nécessite des ressources ; oui, il existe des enjeux environnementaux majeurs et, encore oui, la Chine contrôle aujourd’hui une grande partie des chaînes critiques. Encore oui à la Chine qui est le plus grand émetteur de Gaz à Effet de Serre mais aussi le plus proche du top 15 des économies mondiales (qui générent plus de 60 % des GES mondiaux) des accords de Paris et la neutralité carbone (Environ 2 tonnes/capita) à 2050 (et 2060 pour la Chine)… Car avec 1.5 milliards de chinois, leurs émissions « per capita » est entre 7 et 8 tonnes et la France entre 9 et 10 tonnes sans parler de Dubai, Canada, Australie, Canada qui sont bien au-dessus… et sans inclure les GES (importés dans chaque pays notamment en provenance de Chine!)…

 

Donc ne cherchons pas à culpabiliser certains pays (quand ça nous arrange) et cherchons des solutions…

Pour l’anecdote, si on observe le pays qui a le plus émis de GES sur la planète… et bien c’est le UK (quand on additionne toutes les années depuis la révolution industrielle il y a environ 300 ans!)…. Donc un peu de recul et distance plutôt que de la manipulation de données… (toutes ces données sont d’ailleurs issues de référence que je vous envoie sur demande – Global Carbon Project, 2023 ; World Bank, 2022, etc….. et je vous partage ma facture TESLA à votre demande également…).

 

En tout cas, au sujet des voitures électriques, cela fait plus de vingt ans que certains l’expliquent. Je fais partie de ces “certains”. Depuis 2003, j’écris sur ces sujets, j’alerte, je partage des analyses destinées à des dirigeants et élus; Réponses fréquentes : “Pas possible.” “On a le temps.” “Ce n’est pas stratégique.”
J’ai même intégré dès 2018 la question des terres rares et du rôle de la Chine dans mes activités de conseil et mes cours de marketing, notamment pour montrer l’impact de ces enjeux sur les choix de développement produit, l’innovation et la création de valeur.

 

Et vous savez quoi ? Une partie des étudiants riaient.
Ils ne me croyaient pas.

 

Quant à certains professionnels que j’ai conseillés… Ils n’étaient pas préparé au changement et toujours orientés sur le très court terme (c’est-à-dire le bilan et compte de résultat de l’année en cours)… Je peux le comprendre mais c’es dommage alors qu’il y a tant d’opportunités à saisir en transformant des organisations avec une stratégie clair et innovante… Lorsque j’ai dirigé des entreprises (ETI et PME), certaines innovations ou mises en garde semblaient “trop en avance”. Par exemple : des vins en canette en 2012 (largement distribuées aux US), des développement de produits sans alcool ou « low alcohol » la même année (avec une part de marché de plus de 50% sur ce créneau en France), des jus de raisins en Tetra Pack (provenant de vignerons pour compléter leurs revenus viticoles) ou des poches souples (conçues en Nouvelle-Zélande) pour la consommation ‘nomade’ (2013) tout en continuant à développer des vins traditionnels haut de gamme. Ces approches n’étaient pas incompatibles mais sortaient des « normes » et habitudes. Certains clients comprenaient immédiatement (et la croissance d’activité a été fulgurante et profitable…avec du sens).
En interne, dans ces sociétés et coopératives, il arrivait souvent que des gouvernances (représentants les sociétaires, actionnaires,….) très sûres d’elles-mêmes, parfois peu informées mais extrêmement affirmatives, rejettaient ces idées avec arrogance et « aboiements », sans comprendre les transformations profondes à venir des marchés internationaux, les tendances de dé-consommation, une aversion aux risques, une non-ouverture à l’innovation,… Ce qui les a mené, une fois que j’étais parti, à des pertes de dizaines (pour pas dire ‘centaines’ de millions d’Euro quelques années plus tard… Alors que j’avais entamé d’autres activités dans d’autres secteurs… Néanmoins, je me souviens bien des responsables, élus, « présidents » en tout genre et ils ne circulaient pas (et toujours pas) en véhicule électrique ! Rien ne sert de blâmer mais simplement utile de tirer des leçons.

 

Pendant ce temps-là, et en extrapolant, l’Occident (l’Europe en particulier) a continué à croire qu’une économie pouvait survivre éternellement en externalisant sa production industrielle tout en conservant uniquement les services, le design, la finance, les applications mobiles et les réunions stratégiques « PowerPoint »… ou « Canva » désormais.
Aveuglé par le confort et l’arrogance, l’esprit dominant encore bien vif, peu d’observation, dès les années 2005-2010, avec notamment les Jeux olympiques de Pékin en 2008 où j’étais sur place, la Chine élaborait, comme d’habitude, des plans quinquennaux, sécurisait les terres rares, développait les batteries, les panneaux solaires, les véhicules électriques et préparait déjà les prochaines étapes technologiques.

 

Et pendant que nous supprimions les pailles en plastique avec une immense satisfaction morale occidentale, eux construisaient les chaînes industrielles du futur. Robotisées et à l’œuvre maintenant… Et nos concurrents les plus rudes.

 

Les chiffres parlent d’eux mêmes… Leur PIB est passé d’environ 1 200 milliards de $, quand je me suis installé à Shanghai, un peu avant l’année 2000, à près de 18 ou 19 000 milliards aujourd’hui. Pendant ce temps, la France est passée d’un peu plus de 1 300 milliards à environ 3 000 milliards sur la même période… Avec un niveau de dette comparable, voire supérieur à notre PIB d’aujourd’hui. Pas la peine d’être un grand économiste ! Le bon sens vous révèle tout.

 

L’histoire ne s’arrête donc même pas à la voiture électrique.

 

Pendant que l’Europe risque (ou est déjà) de devenir massivement dépendante des batteries et véhicules électriques importés entre maintenant et 2040, la Chine travaille déjà énormément sur l’hydrogène, le stockage énergétique et les futures mobilités industrielles lourdes.
Et le plus ironique dans tout cela, c’est que l’hydrogène pourrait justement redonner une place centrale… aux moteurs à explosion (inventés en Europe). Simplement, des moteurs à hydrogène dont le “pot d’échappement” rejetterait principalement de l’eau. Autrement dit : pendant que certains détruisent progressivement leur savoir-faire industriel historique et la maîtrise des moteurs à explosion (fermeture d’usines automobiles en France, perte de compétences, « transformation industrielle » en simples assembleurs de pièces produites ailleurs – en Chine par exemple), d’autres préparent déjà la technologie suivante et nous revendrons le mode d’emploi du « comment fabriquer un moteur à explosion/thermique » car nous n’aurons plus le savoir ni la compétitivité… Alors devenu les grands spécialistes de l’assemblage de véhicules électriques!

 

Sans vision de long terme, il n’y a pas d’avenir durable. C’est probablement là le vrai sujet. Car la transition ne consiste pas simplement à remplacer une technologie par une autre. Elle consiste à comprendre les dynamiques du monde avant qu’elles ne deviennent irréversibles comme notre dépendances au numérique américain.

 

Et c’est précisément ce qui manque souvent à beaucoup de dirigeants modernes : la vision systémique. Ceci requiert du temps et de l’organisation, des échanges, des discussions internes et externes, l’intégration de savoir-faire et compétences nouvelles et diversifiées, autant de ‘Z’ (et bientôt ‘Alpha’ que de ‘millenials », ‘X’ et ‘boomer’… et ne se fait pas en 2 heures autour d’une table et d’un repas bien arrosé!

 

Trop de responsables politiques vivent encore dans des logiques électorales de court terme alors que les grandes transformations énergétiques, industrielles, démographiques, de niveau de vie, d’éducation, de souveraineté, d’investissement ou enjeux climatiques et défense se jouent sur plusieurs décennies. Le monde change pourtant à une vitesse extraordinaire. Et d’ailleurs, le changement n’a rien de nouveau : il est permanent. Comparez simplement la vie de vos grands-parents, celle de vos parents, la vôtre et maintenant celle de vos enfants. En cent ans, tout a changé à une vitesse incroyable.
Aujourd’hui, cela s’accélère encore.

 

Il faut donc apprendre à observer, anticiper, s’adapter… et probablement courir un peu plus vite.
Donc rester en forme. Physiquement et mentalement!

 

Encore un sujet immense lorsque l’on voit émerger des générations parfois ultra-connectées mais profondément déconnectées de la nature, du vivant ou même de certaines réalités simples. Certains enfants connaissent davantage le nugget sous cellophane que la poule dans la basse-cour.
Conséquence : plus de sédentarité, plus de malbouffe comme évoqué plus haut, plus de dépendances, et parfois des corps et des esprits complètement déréglés.

 

Dans ce contexte, un ‘exemple’ intéressant, les États-Unis restent une puissance extraordinaire d’innovation, d’universités, de technologies et de créativité. Mais eux aussi traversent des fractures profondes : polarisation politique, obésité massive, surconsommation, endettement chronique, perte de repères collectifs (notamment dans les régions « rouges » où les BBQ garnissent décorent les jardins, un pick-up garé devant le « ranch » plutôt que chez les « bleus » côté pacifique (de Seattle à LA) et la version Atlantique, de Boston à Washington DC et quelques citoyens assez nombreux au volant d’une voiture électrique.
De son côté, l’Europe (et notre belle France) possède probablement l’un des plus beaux territoires habitables du monde. Ce n’est probablement pas un hasard si Néandertal puis Cro-Magnon s’y sont installés durablement après leurs très longues migrations depuis l’Afrique.
Nous disposons d’un climat relativement modéré, de l’eau, des saisons, une agriculture très diversifiée, l’accès aux mers, des montagnes, des plaines, de la diversité. Un don de la nature si mal mené…et trop peu respecté…
Et surtout, au fil des siècles, notre intelligence collective, notre savoir et de nombreux génies et leaders charismatiques et visionnaires ont développé un patrimoine exceptionnel : philosophies, sciences, arts, spiritualités, qualité de vie, santé, éducation, démocratie, souveraineté, aérospatiale, médecine, cosmétique, …. et quasiment tous les secteurs (automobile, construction, agriculture, luxes, etc…), culture, savoir-faire, valeurs universelles.
Sans oublier ni rejeter les autres grandes civilisations comme la Chine, l’Inde, le Japon ou tant d’autres, sur tous les continents, qui possèdent elles aussi des traditions et des spiritualités extrêmement inspirantes.

 

Et pourtant aujourd’hui, après des décennies de paix et de prospérité relative, l’Europe doute souvent d’elle-même.
Elle réglemente énormément mais construit parfois moins. Elle parle beaucoup de transition mais peine encore à la mettre réellement en œuvre. Elle veut protéger mais oublie parfois de produire. Elle veut distribuer mais oublie trop souvent de créer la richesse nécessaire pour distribuer durablement.

 

C’est devenu parfois davantage un puzzle (dur à assembler!) qu’un véritable projet collectif.
Sans vision fédératrice, il devient difficile de mobiliser les énergies, de transmettre une ambition commune et de rester fiers (sans arrogance) de ce que nous sommes.
Et surtout, nous semblons parfois perdre ce qui faisait notre force : l’éducation profonde, la philosophie, la pensée critique, le lien entre savoir, culture, responsabilité et civilisation… Et, encore une fois, notre géographie qui restera une attractivité incomparable et forcément fragile si on ne se protège pas et si des prédateurs décident de s’en accaparer.

 

Nous vivons une époque étrange où l’on délègue progressivement la mémoire, le raisonnement et parfois même la réflexion à l’intelligence artificielle, alors que nous aurions justement besoin de davantage de pensée humaine, de recul et de compréhension systémique et que nous ne prenons pas assez de temps à justement comprendre l’IA dans toutes ses dimensions et ses prémices très « dynamiques » et « trasnformatifs » entre l’IA générative (qui produit du contenu) et l’IA agentique (qui aide à atteindre des objectifs par l’action).

 

D’ailleurs, l’IA n’est pas un ennemi.
Elle sera probablement un formidable compagnon.
Mais un compagnon qu’il faudra surveiller, encadrer et utiliser intelligemment.

 

La pensée linéaire traditionnelle (problème, cause, solution immédiate) ne suffit plus.
La pensée critique devient essentielle pour mesurer, modérer, vérifier…
Et la pensée systémique devient probablement vitale pour comprendre les indépendances et les impacts directs et indirects afin de prendre des décisions éclairées et éclairantes à impacts positifs, amplifiés dans le temps et mesurés.

 

Comprendre les liens entre énergie, agriculture, souveraineté, technologie, ressources, démographie, culture, éducation, climat, finance, santé, sécurité/défense et géopolitique est désormais indispensable et avouons le… Complexe. D’où la nécessité du travail collectif, du soutien et des apports de compétences nouvelles via les conseils, l’éveil des consciences et les pleines compréhensions enjeux.

 

Sinon, notre Europe (et la France en particulier) pourrait devenir une cible de dépendance ou de conquête dans un monde où les ressources, l’eau, le climat tempéré et le savoir redeviendront des actifs stratégiques majeurs et très enviés… voir ciblés… Pas juste comme consommateurs à séduire mais comme territoire à conquérir.

 

La discussion sur la voiture électrique n’est finalement qu’une petite illustration d’un sujet beaucoup plus vaste : notre capacité collective à nous adapter intelligemment au réel.
Et ce réel nous rappelle chaque jour quelque chose d’essentiel : l’énergie n’est pas magique.

 

Chaque kilowattheure possède une réalité physique. Chaque technologie implique des compromis. Chaque confort possède un coût. Et chaque accélération quelque part crée une contrainte ailleurs.

 

La voiture électrique ne sauvera évidemment pas le monde.
Aucune technologie ne le fera.

 

Mais elle peut devenir une formidable ‘école’ (ou au moins un exemple) de transition concrète avec bien d’autres pour vraiment s’embarquer dans la transition nécessaire mais aussi prometteuse d’un avenir durable et « rentable », épanouissant pour nos enfants et les leurs (on est en retard dans beaucoup de pays sur ce sujet !!!), plus équilibré, en harmonie avec notre planète et ses bipèdes de toutes races et genres autant que la biodiversité et « nos plafonds écologiques et climatiques » qui nous protègent tout comme notre plancher social qui doit être plus juste pour tou.t.e.s.

 

Cette transition doit être comprise et ensuite vécue dans le quotidien, dans les comportements, dans le rapport au temps, à l’énergie et à la responsabilité et, mon sujet de prédilaction, notre propre transformation personnelle comme levier principale de la transformation des organisations et entreprises.

 

Quand on veut, on peut!

 

Cette transition nous oblige à réfléchir autrement.
Avec une vision, de l’audace et de l’inspiration, de l’investissement, des stratégies.

 

Comment produire ? Comment consommer ? Comment se déplacer ? Comment vivre ensemble ? Comment transmettre à nos enfants autre chose qu’une société d’addictions numériques, de dépendances énergétiques, d’endettement permanent et de consommation infinie dans un monde fini ?

 

Finalement, cette petite Tesla m’a surtout rappelé quelque chose de très simple : la sobriété et la responsabilité ne sont pas des punitions. Elles peuvent devenir des formes modernes d’intelligence, d’équilibre, de liberté et indépendance (en dehors du soleil qui brille sur nos têtes…parfois trop caniculaire) et même de sérénité.

 

La transition n’est pas un slogan politique.

 

C’est simplement la vie.

 

La capacité permanente à apprendre, évoluer, observer, comprendre et s’adapter avec davantage d’humilité, sans renoncer au bonheur, à la création de valeur, à l’innovation, à la culture, à la santé ou au progrès humain autant social, qu’économique et philosophique, ontologique et aux frontières des bascules de nouveaux paradigmes à notre portée de main et de nos esprits… Faut-il encore en avoir conscience et être en confiance.

 

Ce n’est pas une utopie ni une longue liste d’apories* (*la définition selon le « Larousse plein de poussière » mais encore bien utile : Contradiction insoluble qui apparaît dans un raisonnement…)… L’intelligence humaine et l’observation de la nature, l’IA et ses forces de ‘calculs’ peut nous amener des réponses, de nouveaux paradigmes, et des solutions/innovations gagnantes sur le chemin de la transition…

 

C’est probablement même une nécessité.

 

Et honnêtement… Pour finir mon voyage en véhicule électrique…. Après toutes ces considérations et réflexions, arriver détendu, récemment, après presque 800 kilomètres entre Montpellier et La Rochelle sans avoir été ‘contrarié’ une seule fois sur quelque chose ou sur quelqu’un dans une station-service, après 3 arrêts de 20 à 30 mns, sans consommer de ‘Twix banni’ (comme d’antan) depuis des années (préférant ma ‘lunch box’ et, entre autre, ma salade préparée à la maison) qui permettent de penser sereinement et sans stress, c’est déjà peut-être le début d’une petite transition civilisationnelle qui n’a été que le départ de la mienne. Il y a encore du boulot…passionnant… Et, à New York, pour la petite histoire récente, plus de voiture du tout (vendue!)… Que du métro, des bateaux de « NYC Ferry », du vélo… et parfois un bon taxi jaune ou un Uber pour aller à John Kennedy Airport et revenir de temps en temps au « bercail »…ça suffit largement !

A méditer… Comme toujours, et, ensuite, bien entendu…. AGIR.

Bertrand GIRARD

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